De nombreux prisonniers faits en mer à l'occasion de la reprise de la guerre franco-britannique sont débarqués à partir de juin 1803, rejoints fin 1803 par environ 8 000 rescapés de l'expédition Leclerc et de celle de 1803, toutes deux à Saint-Domingue, puis, en 1808, par les partisans battus du général Barquier à Santo-Domingo. Entre-temps, le 25 novembre 1803, une proclamation à Kingston du général Nugent demande à tous les Blancs étrangers à l'île, principalement des Français, au nombre de plus de 4 000, de gagner La Nouvelle-Orléans avec leurs esclaves. Une partie cependant est attirée par les autorités espagnoles vers Cuba. En 1805 ne reste à la Jamaïque qu'une infime partie d'entre eux, surtout des veuves, enfants et hommes âgés, propriétaires de plantations de café, les réfugiés s'étant investis dans les arts, la spéculation et surtout la culture du café, le nombre de caféières gérées par des Français à la Jamaïque ayant atteint des centaines, grâce à l'avance technique des pionniers de Saint-Domingue comme Pierre-Joseph Laborie, secrétaire de la Chambre d'agriculture et député à la Constituante, qui rédige un manuel technique, jamais traduit.
La Jamaïque voit ainsi émerger une production caféière jusque-là inexistante, de 14,5 millions de livres en 1812 sur 27,6 millions de livres pour l'ensemble des colonies britanniques, quand dans le même temps la production haïtienne diminua de 70 %, passant de 76,8 millions de livres en 1789 à 43 millions de livres en 1801 puis à 26 millions de livres seulement en 1820. Pour le sucre, la récolte haïtienne est passée de 141 millions de livres en 1789 à seulement 18,5 millions de livres en 1801 et 2,5 millions de livres en 1820, effondrement encore plus dramatique. La Jamaïque, qui ne produisait avant la Révolution que 59 000 tonnes de sucre, devient le premier producteur mondial en augmentant très rapidement sa production d'environ 50 % pour atteindre 88 000 tonnes en moyenne de 1805 à 1809. Cuba ne produisait qu'une dizaine de milliers de tonnes avant 1789 mais triple puis quintuple sa production : 34 335 tonnes en 1800-1804 et 50 384 en 1820-1824. Jean-François Pouyat, ex-propriétaire à Saint-Domingue a par ailleurs favorisé l'introduction en Jamaïque de la banane plantain « tigre », qui réussit.
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