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2026-05-11

L'Histoire de la Jamaïque - FRANçAIS CHASSéS DèS 1803


De nombreux prisonniers faits en mer à l'occasion de la reprise de la guerre franco-britannique sont débarqués à partir de juin 1803, rejoints fin 1803 par environ 8 000 rescapés de l'expédition Leclerc et de celle de 1803, toutes deux à Saint-Domingue, puis, en 1808, par les partisans battus du général Barquier à Santo-Domingo. Entre-temps, le 25 novembre 1803, une proclamation à Kingston du général Nugent demande à tous les Blancs étrangers à l'île, principalement des Français, au nombre de plus de 4 000, de gagner La Nouvelle-Orléans avec leurs esclaves. Une partie cependant est attirée par les autorités espagnoles vers Cuba. En 1805 ne reste à la Jamaïque qu'une infime partie d'entre eux, surtout des veuves, enfants et hommes âgés, propriétaires de plantations de café, les réfugiés s'étant investis dans les arts, la spéculation et surtout la culture du café, le nombre de caféières gérées par des Français à la Jamaïque ayant atteint des centaines, grâce à l'avance technique des pionniers de Saint-Domingue comme Pierre-Joseph Laborie, secrétaire de la Chambre d'agriculture et député à la Constituante, qui rédige un manuel technique, jamais traduit.

La Jamaïque voit ainsi émerger une production caféière jusque-là inexistante, de 14,5 millions de livres en 1812 sur 27,6 millions de livres pour l'ensemble des colonies britanniques, quand dans le même temps la production haïtienne diminua de 70 %, passant de 76,8 millions de livres en 1789 à 43 millions de livres en 1801 puis à 26 millions de livres seulement en 1820. Pour le sucre, la récolte haïtienne est passée de 141 millions de livres en 1789 à seulement 18,5 millions de livres en 1801 et 2,5 millions de livres en 1820, effondrement encore plus dramatique. La Jamaïque, qui ne produisait avant la Révolution que 59 000 tonnes de sucre, devient le premier producteur mondial en augmentant très rapidement sa production d'environ 50 % pour atteindre 88 000 tonnes en moyenne de 1805 à 1809. Cuba ne produisait qu'une dizaine de milliers de tonnes avant 1789 mais triple puis quintuple sa production : 34 335 tonnes en 1800-1804 et 50 384 en 1820-1824. Jean-François Pouyat, ex-propriétaire à Saint-Domingue a par ailleurs favorisé l'introduction en Jamaïque de la banane plantain « tigre », qui réussit.

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2026-05-07

L'Histoire de la Jamaïque - 23 - ARRIVEE DE REFUGIéS FRANçAIS DE SAINT-DOMINGUE (1790-1804)

En une quinzaine d'années, de 1790 à 1804, quatre vagues d'immigration française, d'importance inégale, tant sur le plan du nombre de personnes concernées que de la composition socio-politique, vont prendre la direction de la Jamaïque, avec deux accélérations en 1792 et en 1798.

Au cours de l'été 1798 un flot d'environ deux milliers de réfugiés arrive dans le sillage des troupes britanniques qui ont quitté leurs forts de Saint-Domingue et fait doubler la population de réfugiés français dans l'île : La plupart se sont engagés dans les corps créés ou mobilisés pour accompagner les Britanniques : la « Légion britannique » de Montalembert, où ont servi le comte Duquesne, le lieutenant Desgouttes, les frères Barbeyrac, le vicomte Dulau d'Allemans, et ses hussards de cavalerie (lieutenant de Laulanié, cornette Vassal, baron de Mélet) ou encore la brigade irlandaise du colonel Walsh, de la famille des Walsh-Serrant de Saint-Domingue. Parmi les fonctionnaires, Louis-Ambroise Grandjean d'Aubancourt, grand ami de Lady Nugent et Pierre Joseph Laborie, qui publie à Londres en anglais en 1798 son célèbre ouvrage The Coffee Planter et meurt à Kingston en 1800.

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2026-05-05

Reggae et Histoire - LES RACINES - CONTEXTE SOCIO-CULTUREL ET INFLUENCES - 2 -


Le reggae est un genre musical issu d’une fusion de plusieurs styles musicaux, parmi lesquels le mento, le calypso, le RnB, le jazz, mais surtout le ska et le rocksteady. Ces deux derniers genres, précurseurs directs du reggae, ont émergé dans les années 1960 en Jamaïque, une époque de grande effervescence culturelle et politique. Le reggae, né au carrefour de ces influences, s’est nourri de la diversité artistique de l’île pour créer un son distinctif, rapidement identifiable par ses rythmes syncopés et ses lignes de basse profondes.

Au coeur de sa genèse, le reggae est intimement lié à l’histoire socio-politique de la Jamaïque. Le retour aux sources du mento, musique folklorique locale, est significatif de cette quête identitaire qui a pris forme dans le sillage de l’indépendance du pays en 1962. Cette musique, imprégnée de l’héritage africain et des douleurs de l’esclavage, a été le terreau sur lequel le reggae a pu s’épanouir, porteur des aspirations et des revendications d’un peuple.

Les instruments typiques du reggae, tels que la batterie, la basse, le chant, les congas et la guitare, ont été réunis dans une configuration unique qui a donné naissance à une nouvelle expression musicale. Le reggae s’est alors imposé comme un formidable outil de communication, transcendant les barrières linguistiques et culturelles, pour véhiculer des messages de liberté, d’égalité et de fraternité.

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2026-05-03

Reggae et Histoire - LES RACINES - 1 -


Le reggae, avec ses racines plongeant profondément dans le sol jamaïcain, est plus qu’un genre musical; c’est le reflet d’une histoire chargée. Issu des souffrances et des luttes des esclaves africains, il a évolué depuis ses précurseurs – le ska et le rocksteady – pour devenir la voix de la résistance et de l’identité rastafarienne dans les années 1960. Bob Marley, figure emblématique, a propulsé le reggae sur la scène internationale, faisant de cette musique un vecteur de messages politiques et sociaux. Aujourd’hui, le reggae est inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, soulignant son impact indélébile sur la culture mondiale.

SuperFrench

2026-04-28

L'Histoire de la Jamaïque - 22 - REVOLTES D'ESCLAVES DES ANNEES 1790


L'une des communautés fut  expulsée dans les années 1790 et forma une partie du noyau de la communauté créole du Sierra Leone. Le gouvernement colonial embaucha des « Marrons » pour les capturer. 

Vers 1800, les Britanniques se servirent également de 10 000 Jamaïcains libres de couleur pour maintenir leur mainmise. À Noël 1831, une révolte de grande ampleur, connue sous le nom de Baptist War, éclata. Sur les 300 000 esclaves de l'île, 60 000 se soulevèrent. Il s'agissait à l'origine d'une grève pacifique menée par le baptiste Samuel Sharpe. La rébellion fut matée dix jours plus tard, au début de 1832, par la milice des planteurs et les garnisons britanniques.

À la suite des pertes matérielles et humaines provoquées par cette révolte, le parlement britannique ouvrit deux enquêtes dont les conclusions allaient grandement contribuer à l'abolition de l'esclavage dans tout l'empire britannique, le 1er août 1834. Les esclaves jamaïcains restèrent liés à leurs anciens propriétaires, mais avec une garantie des droits sous ce qui s'appelait Apprenticeship System. La population libérée dut pourtant toujours faire face à des conditions de vie très difficiles, ce qui provoqua la rébellion de Morant Bay en octobre 1865, menée par George William Gordon et Paul Bogle. Elle fut brutalement réprimée : l'état d'urgence est déclaré, plus de 400 personnes furent pendues ou fusillées, plus de 600 furent flagellées (cent coups de fouet pour les hommes et 30 pour les femmes ; la corde était alors bardée de fil de fer) et un millier de maisons furent incendiées. L'Assemblée de l'île renonça par la suite à son autorité. Ainsi, la Jamaïque acquit-elle le statut de colonie de la Couronne. La production de sucre diminua en importance à la fin du XIXe siècle pour être concurrencée par celle de la banane. En 1872, la ville portuaire de Kingston étant bien plus grande et plus raffinée que Spanish Town située à l'intérieur des terres, accéda au statut de capitale.

L'établissement du statut de Colonie de la Couronne favorisa, pendant quelques décennies, le développement d'une classe moyenne comprenant des fonctionnaires subalternes et des officiers de police issus du peuple, dont la promotion sociale et politique avait été bloquée jusque-là. La Grande Dépression eut un impact significatif sur la classe moyenne émergente et sur la classe ouvrière des années 1930. Au printemps 1938, les travailleurs du sucre et ceux du port se révoltèrent dans toute l'île. Bien que réprimée, la révolte entraîna des changements significatifs, telle que l'émergence du syndicalisme et du pluralisme politique.

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